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Aesculus Hippocastanum Pour faire disparaître des hémorroïdes, « épanchez-les trois fois avec le doigt du milieu, et dites : Moka, maket, Dieu m’a fait, de par Jésus, je n’en ai plus ». On peut aussi porter dans sa poche un marron. Extrait du livre des superstitions d’Eloïse Mozzani Aesculus est un remède homéopathique peu connu et pourtant expérimenté. On l’appelle marronnier d’Inde et pourtant il ne vient pas d’Inde. Plusieurs livres de botaniques semblent être d’accord sur le fait qu’il ne vient pas d’Inde mais bien des Balkans. Bachelier (Botaniste Français possesseur d’une importante collection de plante) l’a rapporté de Constantinople et introduit en France en 1615. Au cours du 18°siècle, il s’est répandu partout dans les avenues et les parcs, où certains sujets atteignent actuellement plus de 250 ans d’âge. On ne l’a jamais utilisé comme essence forestière, car son bois blanc jaunâtre est de médiocre qualité. Dans les villes, les marronniers sont fort sensibles à la pollution de l’air ainsi qu’à la sécheresse estivale, il perd ses feuilles rousses au plus fort de l’été. Pour ma part, j’ai observé que le chêne par exemple, j’en ai un magnifique devant chez moi, perd ses feuilles avec grande générosité. Très vite en automne, c’est un des premiers arbres qui se dénude. Chez le chêne, les feuilles roussissent mais en restant très belles. Les feuilles restent bien plates et s’envolent avec joie. Par contre chez le marronnier, j’en ai observé plusieurs cet automne, les feuilles ne restent pas belles, elles attrapent des taches brunes, puis elles se rabougrissent et enfin tombent comme quelque chose de lourd D’où vient son nom Hippocastanum « châtaigner de cheval » ? Il est beau, grand, majestueux comme un chêne mais il n’en a pas la solidité. Il a un bois mou cassant, dont on ne sait rien faire. De plus on l’appelle marronnier d’Inde et ne vient pas d’Inde. On l’a cherché longtemps bien loin mais il était tout près. Que peut on consommer sur cet arbre? Du marron frais on peut extraire une huile d’éclairage et un alcool. Je vous livre ici un extrait du livre « les marronniers de Kiev » qui est un livre écrit par Tatiana Popova médecin homéopathe Russe contemporaine. « Qu’y a t-il de plus remarquable dans le marronnier ? Les fleurs ! Et les feuilles ? Elles naissent des bourgeons, ressemblant à des ombrelles d’un vert tendre et au fur et à mesure de leur croissance, transforment l’arbre en une tente d’émeraude. Et les bourgeons donnant naissance aux somptueuses feuilles ? Ils sont aussi gros et inhabituels ; bruns, recouverts d’une substance luisante et collante, emballés avec le plus grand soin comme l’on emballe des objets fragiles pour un long voyage. On a toujours envie de les toucher comme si cet attouchement représentait la clef de l’énigme de la vie. N’oublions pas les fruits du marronnier, si familiers. On a le souffle coupé à voir tomber des arbres les boules vertes, jaunes ou brunâtres qui, s’entrouvrant, laissent voir la surface du marron polie comme de l’acajou. Parfois, en se heurtant au sol, la merveille brune bondit de son berceau piquant et alors, quel que soit l’âge, on éprouve une forte envie de la tenir dans sa main, on presse le pas pour la ramasser même s’il n’y a point de concurrent en vue pour la « chasse » aux marrons. C’est ainsi que ceux-ci se retrouvent dans les cartables d’écoliers, les élégants sacs à main des dames et même dans les mallettes d’hommes sérieux. Pour quoi faire ? Le plus souvent sans but précis, comme ça, histoire de confectionner un joujou amusant. Bien que les gens pratiques affirment qu’il est utile de mettre des marrons dans les armoires comme antimites. » Terminons ici cette note de poésie pour en revenir à nos moutons, pardon marrons.En médecine, à quoi va nous servir ce remède Aesculus ? Avant de vous décrire la matière médicale, je vais vous rappeler un conseil issu de la médecine populaire, d’avoir toujours en poche des marrons ils vous soulageront de nombreux maux, de rhumatismes articulaires, de désordre circulatoire, d’hémorroïdes….. Matière médicale Mental : A9 : Après une crise de douleurs aigue, piquante, il pense qu’il va mourir et tout à coup son esprit s’éclaircit, il a les idées très claires. Nous reviendrons plus tard sur ce symptôme. Beaucoup de douleurs de tête, douleurs un peu partout, forehead, temples, vertex, scalp… Aesculus est un grand remède pour les yeux, surtout si les yeux ont des hémorroïdes. Estomac : Abdomen : Brûlure après la selle. Rép Kent 626, Comme Aloe, nit-ac et sulph. Dans presque toutes les rubriques d’Aesculus nous trouverons des piqûres et des élancements ; des douleurs erratiques avec sensation de plénitude. Douleurs s’étendant au rein. Rép. Kent 647. Sensation de plénitude de l’utérus. Dos : Allen 628 Le coeur, le poumon, l’estomac et le cerveau, semblent comme remplis de sang. Nous remarquons que Aesculus donne une congestion veineuse généralisée. Aesculus n’a pas que des hémorroïdes. - foie, système porte avec hémorroïdes. Les douleurs sont partout piquantes comme une pelote d’épingles, inertie, manque de mouvement veineux, intoxination. Aesculus n’accumule pas pour le plaisir d’accumuler comme Aloé mais Aesculus accumule car il y a un manque de mouvement, une inertie du mouvement qui conduit vers la sortie : les veines, le rectum. Retenez bien ceci : accumulation par manque de mouvement. Ce manque de mouvement se retrouve à tous les niveaux : le mouvement involontaire des parois du système veineux ; le mouvement volontaire dans les membres, le mouvement de ses idées dans l’esprit. Il a une congestion veineuse généralisée par manque de mouvement circulatoire, tout stagne même son esprit. La plus grande souffrance somatique de Aesculus est située au niveau du rectum, j’ai donc voulu creuser cet élément car c’est vraiment un organe-cible chez ce remède. Dans le livre : « La maladie cherche à me guérir » Dr Philippe Dransart pg 244, nous trouvons : « Le rectum symbolise la capacité de se retenir avant de se relâcher. Mais à retenir trop de choses, sans pouvoir les relâcher, sans pouvoir s’en défaire, on risque d’en avoir « plein le c… ». Cela arrive quand il y a trop d’expériences, trop de choses à gérer. Tout cela, on aimerais pouvoir s’en débarrasser, s’en exonérer, mais la situation nous contraint à le retenir. Ce dont nous parle le rectum, c’est cette contrainte des choses qui nous retiennent sans que l’on puisse s’en libérer. En réalité, ces choses « qui nous retiennent », c’est souvent nous-même qui les retenons… L’anus est la fin d’un processus, ses troubles décrivent également une difficulté à finaliser, à terminer ce qui est entrepris … La congestion qui en résulte peut aller jusqu’aux hémorroïdes… Il y a un sentiment d’obligation de ne pouvoir se libérer de quelque chose. » Le sphincter du rectum dépend de notre propre volonté. Aesculus a un problème à ce niveau, il bloque le mouvement naturel qui fait sortir les déchets. Il a peur de ce mouvement vers la sortie. De plus cette sortie est très douloureuse pour lui. La guérison d’Aesculus est sa remise en mouvement avec la nuance de devoir éliminer quelque chose, ce n’est pas simplement le mouvement en temps que tel mais le mouvement du nomade qui accepte de quitter un endroit, de tout abandonner pour trouver autre chose. Il y a un symptôme de Allen (A9) qui est très important que je vous ai cité plus haut: “Day before, when he had the darting pains in the trachea, he had a feeling as if death was impending ; but this was followed by an exalted condition of brain and nervous system ; thought flowed free, easy and clear”. Le jour avant, quand il a eu une douleur piquante de la trachée, il pensait que la mort était imminente, ceci a été suivi de pensées claires et de nette amélioration des facultés cérébrales. On a déjà vu en parlant du rectum, que Aesculus ne voulait pas lâcher On pourrait penser que le problème d’Aesculus, c’est d’accepter que, pour avancer, il faut pouvoir abandonner quelque chose. Toute expérience, après avoir été digérée (symbolisme de l’estomac et de l’intestin grêle cfr Ph. Dransart) et après avoir livré sa quintessence (symbolisme de la réabsorption de l’eau dans le gros intestin) se termine par une phase d’élimination. Les excréments sont laissés derrière nous et sont recyclés pour donner de l’engrais. Si on veut garder ce « trésor (dict des symboles) », on s’empoisonne et on s’intoxine. Il faut pouvoir lâcher quelque chose, prendre un risque avant d’entamer une étape suivante. Aesculus était un arbre originaire de régions montagneuses et sauvages, il était libre « nomade », pendant longtemps, on ne savait pas d’où il venait, il est devenu un parfait citadin, bien rangé le long des avenues. Le nomade est le symbole même de celui qui abandonne tout tous les jours pour vivre une nouvelle expérience. Aesculus est un arbre remarquable (qu’on remarque), il a de grosses branches, d’énormes bourgeons bien protégés contre le froid et l’humidité. Aux premiers rayons du soleil printanier ces bourgeons s’ouvrent en laissant apparaître des énormes feuilles et des fleurs qui ressemblent à des chandelles. On est attiré par cet arbre qui semble imposant et majestueux, bien du terroir. Et pourtant on ne sait pas trop d’où il vient, il manque de personnalité, a usurpé le nom du marron, et de la châtaigne, ainsi que le nom d’un chêne. Si on gratte son écorce, son bois est d’une tendreté déconcertante et ne sert qu’à faire des caisses. Aesculus réussit les premières étapes : il est arrivé à la ville, le printemps se passe bien, il fleurit et montre ses belles grandes feuilles, il a jouit de cette explosion de joie et de couleurs du printemps. Il passe l’été sans problème, pouvant absorber les fruits de son expérience. Mais, par contre, lorsque l’automne arrive, quand il doit perdre ses belles grandes feuilles, quand il doit lâcher prise, il n’y a plus rien qui va. Les feuilles sont malades, elles ont absorbés trop de saloperies de la ville. Pour renaître au printemps, il faut pourtant lâcher le lest, il faut se déplumer, se mettre tout nu. Aesculus en a plein le c…mais ne veux pas admettre de lâcher ses belles grandes feuilles. Et pourtant une fois qu’il lâche, qu’il accepte la mort, de lâcher son « trésor », alors, il se sent tellement bien, son esprit devient limpide et clair. Aesculus a un grand problème pour lâcher prise, accepter de redevenir nomade, ne pas s’enfermer dans sa petite vie bourgeoise, repartir dans ses belles montagne de l’orient. Mais alors, il n’y a plus personne pour admirer son feuillage, ses belles fleurs. Il faut accepter de donner tout cela gratuitement, rien que pour jouir de montrer sa beauté à la nature. Les autres plantes n’ont pas ce problème, l’edelweiss fleurit tout en haut de la montagne, il n’y a que le courageux qui la voit. Encore un détail qui me frappe, il a dans son nom « hippo » le cheval, il a des fers à cheval imprimés sur toutes ses branches. Or le cheval est l’animal nomade par excellence. C’est l’animal qui a le plus besoin d’être en mouvement, il a besoin de mouvement perpétuel !!!! Sinon il tombe malade. Le cheval symbolise la liberté, il a des ailes chez Pégase. XII°S « fugitif », Je vais terminer ici mon exposé, j’espère ne pas vous avoir trop engourdi l’esprit, que vous n’avez pas trop les idées confuses. Sinon pensez à la mort, abandonnez tout et vous aurez des idées limpides. Merci de m’avoir écouté. Hahnemann : Organon |
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