Les symptômes Primitifs

Deux cas cliniques de Kreosotum et commentaire sur le concept de la maladie par le Docteur D. Bucken
                   Communication à la Société Royale Belge d'Homoeopathie mars1987


Premier cas clinique
Deuxième cas clinique
Commentaires

Concept de la maladie
Commentaires
Conclusion
Références

Premier cas clinique de Kreosotum
        

Madame S. Marie, 47 ans, varices
Antécédents personnels:

— Angines nombreuses durant l'enfance,
— R.A.A. à 10 ans et rechute à 20 ans,
— Acné de 15 à 25 ans,
— P.S.H. à 44 ans, après gros stress, problèmes avec son mari,
— quatre accouchements: en 1959, 1960, 1961 et 1966, ce dernier est
suivi d'une crise d'éclampsie; elle avait suivi un régime céréalien
durant la grossesse. Traitement allopathique.

Antécédents familiaux

— Mère: arthrose des genoux, varices, cholécystectomie,
— Père: prostatectomie, périarthrite.
Traitée par homéopathie depuis l'enfance, par le Dr M. d'abord et par le Dr J. ensuite, qui a été consulté pour la dernière fois il y a un an.

Plaintes actuelles

1. L'an passé, a eu une succession de rhumes comme tous les hivers, avec extinction de voix. En 1983, a toussé tout juillet et août.
2. Varices : déjà sclérosées il y a six ans et qui se sont installées progressivement au cours des grossesses. Elles sont douloureuses, agg. en station et pendant les règles. Il s'agit de douleurs dans les mollets, pires à droite.

Interrogatoire

— Frileuse,
— Règles précédées de pertes blanches,
— Transpirations parfois la nuit, entre autres après un bon repas,
— Sommeil bon, sur le côté droit,
— Rêve récidivant: impression de pleurer,
— Améliorée par la musique : lorsqu'elle se sent triste, elle écoute de la musique classique, ce qui l'apaise et la réconforte.
— Il y a 10 à 15 ans, a eu des douleurs erratiques au niveau des bras mais, depuis sa P.S.H. de 1981, n'a plus de manifestations articulaires.

Examen

Varices aux mollets, plus marquées à droite, peu développées.

Répertorisation

1. Dreams weeping (K 1245)
2. Sensitive to music (K 78)
Prescription le 5.11.84: Kreosotum 200 K.

EVOLUTION

28.3.85 — 2ème consultation

Très contente pour ses varices car n'a plus senti les lourdeurs ni les pesanteurs en cas de fatigue et ne les ressent toujours pas (4 mois et demi après la prescription). L'état général aussi est bon, elle n'a pas eu de rhumes cet hiver et s'est sentie nettement moins frileuse. Depuis quelques temps, ressent 1° des douleurs dans les deux hanches, la nuit, qui la réveillent vers 4-5 h., de temps en temps, jamais le jour, et 2° des craquements des genoux en montant les escaliers, en pliant les genoux. Mais les douleurs de la nuque et des épaules ont disparu. Status quo pour les pertes blanches. Nous noterons que notre patiente souffrait encore de douleurs de la nuque et des épaules, bien qu'elle ait affirmé, lors de la première consultation, qu'elle n'avait plus eu de manifestations articulaires depuis sa P.S.H. de 1981. Actuellement ces douleurs font place à des douleurs au niveau des hanches et des genoux, ce qui correspond à un des trois critères de la Loi de guérison de Hering. Ceci permet de conclure à une amélioration certaine du cas, amélioration toujours en cours, qui interdit la répétition du remède.
En mars 1988 (trois ans plus tard), la patiente affirme n'avoir plus présenté la moindre pathologie depuis le traitement.
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Deuxième cas clinique de Kreosotum

Mademoiselle F. Béatrice, 27 ans, herpès génital

Antécédents personnels
— Amygdalites pendant ses études,
— Maladies d'enfance banales,
— A 16 ans, espèce d'éruption du visage,
— 1975 (17 ans et demi): 1er avortement provoqué,
— 1983, janvier: 2ème avortement provoqué.

Antécédents familiaux
— Une soeur et deux frères bien portants,
— Mère bien portante,
— Père: psoriasis et lithiase rénale.

Plaintes actuelles

Depuis cinq ans, poussées d'herpès génital, au moment des règles. Cela a débuté lors des examens de dernière année de kinésithérapie. Lésion : vésicules à tête blanche, qui s'ouvrent et suppurent, avec des sensations de brûlures, plus souvent du côté gauche, actuellement à gauche et cela reste à gauche. Toujours à l'extérieur des lèvres et s'étendant vers l'anus. Agg. à l'énervement et en mangeant des rognons et des riz de veau.

Traitements antérieurs

— Vaccins antistaphylococciques pendant 1 an 1/2;
— Novembre 1983: nouvelle série du même vaccin.

Traitement actuel

Virexen® et une série de pommades. Dit avoir tout essayé, mais aucun de ces traitements n'a pu empêcher les rechutes.

Interrogatoire

— Aversion: café. Désirs: chocolat et sucré. Selles régulières à 10h.
— Sommeil: bon, sur le ventre jambe gauche repliée. Aime traîner au lit.
— Active. Besoin de bouger, de s'occuper.
— Règles : Stediril® depuis 8 ans. Avant les règles : irritabilité et gonflement de seins.
— Très émotive, elle pleure aux plus petites émotions.

Examen

Ce qui frappe, c'est la pâleur du visage. L'avortement de 1975, le premier, a été très mal supporté. Elle a eu fort mal, elle n'aurait pas dû faire cela. Elle n'en a parlé que 4 ans plus tard (donc en 1979) et à ce moment en parle beaucoup (en juin 1979 l'herpès commence). Elle regrette d'avoir avorté (néanmoins elle pratique un nouvel avortement en 1983). En fin de consultation, elle dit qu'elle n'a pas encore trouvé l'homme qui pourrait être le père de ses enfants, bien qu'elle ait eu plusieurs amants.

Répertorisation

1. Weeping, émotion, after slight, K93
2. Irritability, menses, before, K 59

Commentaire

Nous voici devant un cas de névrose sérieuse. En effet, il y a opposition manifeste entre l'attitude consciente de cette patiente qui avorte volontairement et son instinct qui la pousse à procréer. Le fait qu'elle dise ne pas avoir trouvé l'homme qui pourrait être le père de ses enfants ne justifie pas la répétition des avortements. L'herpès est bien lié à ce problème: il apparaît en 1979, quatre ans après le premier avortement mal supporté, et au moment où elle se met à en parler beaucoup. On pourrait croire qu'il s'agit là d'une élimination curative et salvatrice. Mais il n'en est rien, puisque l'herpès récidive et qu'un deuxième avortement est pratiqué en 1983. Le problème reste donc entier et l'herpès récidivant en est l'expression somatique. La lecture de la Matière Médicale de Kent confirmera que cette mentalité appartient bien à Kreosotum: «Mentalement le malade est si irritable qu'il n'y a rien qui lui convienne. Ses désirs sont tellement nombreux que rien ne le satisfait. Il veut tout et n'est satisfait de rien, c.-àd. qu'il veut une chose, mais quand il l'a il ne la veut plus... L'enfant veut un jouet et, quand on le lui donne, il le lance à la figure de quelqu'un. Il désire toujours quelque chose de nouveau, un nouveau jouet qu'il jette au moment où il l'obtient, pour demander quelque chose d'autre». Voilà bien la mentalité de notre malade: elle veut un enfant, mais dès qu'elle l'a conçu elle le jette.

Prescription le 19.4.84: Kreosotum 200 K.

29.7.85 — 2ème consultation

Disparition de l'herpès pendant 8 mois, puis reprise épisodique, et reprise plus nette lors des dernières règles où l'herpès fut présent une semaine avant et une semaine après. Pendant la poussée d'herpès des hémorroïdes supportables. Aucun changement de l'émotivité. En mai 85 a fait une angine à droite, sans température. Depuis lors persistance d'un mal de gorge surtout en avalant des liquides froids.

Prescription: Kreosotum 200 K. Cette deuxième prescription a mis fin à l'herpès jusqu'à ce jour.
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Commentaires

Ces deux cas ont de particulier, en commun, d'avoir été solutionnés en se basant sur deux symptômes qui n'appartiennent pas au syndrome clinique dont se plaignent les patientes et qui n'appartiennent pas non plus à l'image qu'on se fait de KREOSOTUM lorsqu'on étudie ce remède dans les matières médicales. En effet,

— Dans le premier cas, il s'agit d'un syndrome veineux, rhumatismal et respiratoire et les deux symptômes retenus pour la sélection du remède sont :

1. dreams, weeping, et
2. sensitive to music.

— Dans le deuxième cas, il s'agit d'un herpès génital et les deux symptômes nécessaires et suffisants sont

1. weeping at slight emotion, et
2. excited before menses.

Mais les auteurs de matière médicale nous disent à propos de KREOSOTUM :

— J.T. KENT: Kreosotum possède trois caractéristiques: 1. excrétions excoriantes, 2. pulsations dans tout le corps, 3. saignement profus de petites plaies. «Quand ces trois symptômes sont associés, il faut examiner Kreosotum», nous dit Kent.

— M.L. TYLER: «Remède de situations extrêmes ayant des caractéristiques inhabituelles bien déterminées», et suivent les symptômes organiques que l'on retrouve chez Kent, Nash et tous les autres auteurs.

— E.B. NASH: En conclusion: «Mauvais état des gencives et des dents, excrétions corrosives et fétides, grande débilité et tendance hémorragique, feront toujours penser à ce remède».

Si nous devions suivre les exhortations de ces chers auteurs et prescrire KREOSOTUM sur les symptômes qu'ils nous en donnent à longueur de pages et sur les caractéristiques, trépieds et conclusions qu'ils en font, nous ne prescririons ce remède que lorsque le cas aurait suffisamment évolué vers l'organicité pour qu'il soit devenu, la plupart du temps, incurable. Nash, d'ailleurs, n'est pas dupe et il laisse percer le bout de l'oreille sur le problème théorique fondamental qui se pose ici quand, en parlant des ulcérations de KREOSOTUM, il dit: «L'ulcération peut se rencontrer dans le cancer de l'utérus et alors Kreosotum sera souvent de grande valeur. Je suis certain que de nombreux cas qui ont dégénéré en cancer auraient pu être enrayés par ce remède employé à temps». Personnellement je suis entièrement d'accord avec cette observation de NASH. Mais, pour prescrire KREOSOTUM à temps, il faut le prescrire avant que ne soient présents les symptômes organiques, mêmes modalisés et individualisés par le malade. Et ce qui est vrai pour KREOSOTUM est vrai pour tous les autres remèdes. Ceci est particulièrement évident dans le deuxième cas présenté, celui de l'herpès génital récidivant, donc chronique. Il est de notoriété dans les milieux médicaux que ce type d'herpès est l'antichambre du cancer du col de l'utérus. C'est actuellement donc que cette patiente doit être guérie, il ne faut pas la laisser atteindre le stade du cancer, à ce moment le cas sera probablement irréversible. Mais quels sont les symptômes de KREOSOTUM que l'on peut trouver avant le développement des lésions organiques? Les matières médicales, nous venons de le voir ne sont pas loquaces à ce sujet et donnent du remède une image essentiellement organique. Si nous consultons l'encyclopédie d'Allen pour connaître les symptômes pathogénétiques de KREOSOTUM, nous verrons qu'ils sont peu nombreux et peuvent se résumer à ceci: «Excitation, particulièrement avant les règles; hypersensibilité aux excitations émotionnelles, plus spécialement à la musique, ce qui pousse le sujet à pleurer»; ceci est pour le MIND, et «évanouissement des idées», en ce qui concerne l'intellect. Nous retrouvons ce MIND chez nos patientes, ce qui peut justifier la prescription, pour autant qu'on réponde par l'affirmative à la question suivante : « Est-il correct, voire licite, de prescrire sur un aussi petit nombre de symptômes, dont aucun ne recouvre la pathologie présentée par les malades ? » Ce qui revient à poser le problème du concept même de la maladie.
N'oublions pas que pratiquer l'homéopathie c'est «donner au malade une maladie artificielle semblable à sa maladie naturelle». Cette condition, impérative, est-elle réalisée dans les cas présentés?
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Concept de la maladie

Pour traiter ce problème théorique fondamental il est nécessaire de revenir à l'Organon, en deux endroits différents, aux paragraphes 9-10-11 d'abord, qui définissent la force vitale et la maladie, et aux paragraphes 63-64 et 112 qui traitent des effets primitifs et secondaires.

§ 9 : « Dans l'état de santé, la Force Vitale entretient toutes les parties de l'organisme dans une admirable harmonie, sous le rapport du sentiment et de l'activité», peut-on lire dans la Sème édition, trad. de Jourdan, ce qui est erronément traduit par Schmidt de la façon suivante; «La Force Vitale maintient dans leurs activités fonctionnelles et réactionnelles une harmonie qui...»

Le § 9 dit en clair que la F. V. est la source 1 ° de sensations, 2° d'actions (ce point important ne ressort pas de la traduction de Schmidt).

§ 10: renforce, confirme cette notion : « L'organisme matériel, sans F.V., ne peut ni 1 °sentir, ni 2° agir. C'est à l'être immatériel (F.V.) seul qu'il doit 1° le sentiment, et 2° l'accomplissement des fonctions vitales (action)».

§ 11 : confirme cette même notion, mais cette fois-ci dans l'état de maladie: «Quand l'homme tombe malade, seule la force vitale immatérielle peut procurer à l'organisme 1° les sensations désagréables et 2° le pousser aux actions insolites que nous appelons maladies. ... Cette force (vitale) ne peut exprimer son désaccord que par des manifestations anormales dans la manière de 1° sentir et 2° d'agir de la portion de l'organisme accessible aux sens de l'observateur».

En conclusion de ces trois paragraphes, il apparaît clairement que la Force Vitale est responsable de deux phénomènes:
1° d'abord des sensations et
2° ensuite des actions.

En ce qui concerne l'action des médicaments sur l'organisme, si nous voulons connaître les maladies qu'ils sont capables de provoquer et donc de guérir, reportons-nous au §21, qui dit: «II faut s'en tenir uniquement aux accidents morbides que les médicaments provoquent dans le corps sain, comme à la seule manifestation possible de la vertu curative dont ils jouissent si l'on veut apprendre, à l'égard de chacun d'eux, quelles maladies ils ont la puissance d'engendrer, ce qui est dire quelles maladies ils ont la puissance de guérir».

Mais que provoquent les médicaments dans l'organisme? Voilà ce qu'il faut savoir avec exactitude et la réponse nous est donnée aux § 63 et 64 qui traitent des effets primitifs et secondaires des médicaments. Nous pouvons y lire:

§ 63 :« Tout médicament désaccorde plus ou moins la Force Vitale et produit dans l'homme un certain changement. On appelle ce changement : effet primitif. Cet effet primitif appartient davantage au médicament qu'à la Force Vitale. Mais la Force Vitale tend toujours à déployer son énergie contre cette influence : c'est l’ effet secondaire ou réaction de la Force Vitale» (cette réaction est produite par la Force Vitale et non par le médicament). Autrement dit, la seule chose que les médicaments peuvent produire c'est un dérèglement de la Force Vitale manifesté par les effets primitifs, c.-à-d. une maladie représentée par les effets primitifs et, donc, la seule maladie qu'ils sont capables de guérir est un syndrome représenté par les symptômes primitifs des maladies t aux effets secondaires, ils consistent en une réaction de la Force Vitale à son déséquilibre et il s'agit d'une réaction curative (§ 64). Si cette réaction est curative, cela veut dire qu'il s'agit en quelque sorte d'un traitement que la Force Vitale s'applique pour retrouver son équilibre ou compenser son désaccord. Ce qui est «traitement» ne peut pas être à la fois «maladie». Ces effets secondaires semblent bien correspondre aux «actions insolites que nous appelons maladies», dont il est question au § 11, mais ils ne sont pas la maladie, ils sont la réaction de la Force Vitale à l'encontre de la maladie, ils sont l'expression de la tentative de la Force Vitale de retrouver son équilibre. La maladie, elle, est exprimée par les effets ou symptômes primitifs qui semblent bien correspondre aux
« sensations désagréables » dont il est question au même § 11.

En résumé, nous pouvons dire que la maladie est un désaccord de la Force Vitale qui se manifeste par des sensations désagréables chez le malade. Ces sensations agissent comme un signal d'alarme qui pousse la Force Vitale à entreprendre une série d'actions à visée curative, ces actions étant représentées par les symptômes pathologiques du malade, que nous avons coutume d'appeler «maladie». Mais en fait la véritable maladie est représentée tout entière par les sensations désagréables. Pour la guérir de façon homéopathique, il suffit de prescrire un médicament qui, dans sa pathogénésie, a produit les mêmes symptômes sensoriels. Il n'est pas nécessaire que ce remède produise les symptômes fonctionnels et lésionnels que présente le malade, d'ailleurs il est incapable de les produire, puisque nous savons que les « réactions» sont l'effet de la Force Vitale et non l'effet du remède expérimenté. Les symptômes primaires de la maladie s'expriment le mieux par les symptômes sensoriels et par les symptômes de l'enfance. Les symptômes primaires apparaissent avant les symptômes secondaires par définition, et ils seront les premiers à apparaître au cours de la maladie. Dans le cas des maladies chroniques, où le malade doit être considéré comme un tout au cours de son existence (totalité des symptômes), il est légitime de rechercher les symptômes primaires au début de la vie du patient. Les symptômes primitifs sont spécifiques du remède et peu de remèdes auront en commun le ou les mêmes symptômes primitifs.

Au répertoire, nous trouverons donc ces symptômes dans des rubriques peu fournies en remèdes. Il en va tout autrement pour les symptômes secondaires. Ils correspondent à la réaction de la Force Vitale à la maladie primitive. Il semble que les possibilités de réaction de la Force Vitale soient limitées en nombre ou autrement dit, que la Force Vitale peut et va utiliser des moyens identiques pour contrecarrer des maladies primitives différentes.

C'est pourquoi les symptômes secondaires ou réactionnels correspondent à des rubriques plus fournies en remèdes. Nous pouvons penser donc que la prescription basée sur les symptômes primitifs mènera plus rapidement et plus certainement au simillimum, peu de symptômes conduiront à un seul remède. En utilisant des symptômes réactionnels, le chemin sera plus long et moins certain, un plus grand nombre de symptômes conduira souvent à plusieurs remèdes entre lesquels le diagnostic différentiel est bien ardu, et encore, plus souvent qu'il ne faudrait, nous serons navrés de constater que le simillimum ne se trouve pas dans la sélection, celle-ci n'ayant donné que des palliatifs. Il semble bien que cette hypothèse se vérifie dans la pratique.
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Conclusion

Voilà que nous avons répondu par l'affirmative à la question posée suite à l'exposé des deux cas de KREOSOTUM: «Est-il correct, voire licite, de prescrire sur un aussi petit nombre de symptômes dont aucun ne recouvre la pathologie présentée par les malades?». Cette prescription me semble correcte dans la mesure où les symptômes retenus sont des symptômes primitifs qui représentent bien la maladie primitive du patient.

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Références

KREOSOTUM — Allen, vol. 5, p. 408


MIND

A — Emotions

1 — Esprit clair mais très excité (11 — intox.).
2 — Plusieurs jours avant les règles était très excitée et inquiète (9 — 1 gtte K. pur).
3 — La musique, ou n'importe quoi d'autre qui causait une excitation émotionnelle,
        lui touchait fort le coeur et elle ne pouvait se retenir de pleurer (9).
4 — Elle était déprimée; le désir de mourir se faisait sans cesse plus grand (9).
5 — Vers le soir son esprit était fort déprimé, et elle doutait si jamais un jour elle
       serait de nouveau en bonne santé (9). (9 = 3 jeunes filles, 2 femmes et 2hommes.)
6 — Elle était très découragée, et avait constamment envie de pleurer (après 48 h.) (9).
7 — Très agitée le matin (9).
8 — Elle était excitée sans arrêt; irritable, de mauvaise humeur et obstinée (9).
9 — Elle était très agitée, pleurait fréquemment, sans y trouver aucune raison (après 24 h.) (9).

B — Intellect

10 — Lorsqu'elle commence à faire quelque chose et s'est avancée de dix à douze pas, elle reste en arrêt, et ne
      sait plus ce qu'elle avait l'intention de faire (après 8 h.) (9).
11 — Ses idées s'évanouissent très facilement, elles s'envolent (et elle se sent hébétée) (9).
12 — II se sent stupide toute la journée (3). (8 gouttes.)
13 — Faiblesse de mémoire, ses idées s'évanouissent (9).
14 — Stupeur profonde, dont elle ne peut être que difficilement sortie pour quelques minutes, et uniquement pour
          retomber de nouveau dans son état antérieur (13: intox.).

DREAMS

615 — Rêve d'érection et désire uriner, et comme il veut uriner pendant son sommeil il perd le gland du pénis (9).
616 — Rêves anxieux la nuit entière (alors qu'en règle générale elle ne rêvait pas du tout) (9).
617 — Elle était à peine endormie lorsqu'elle avait des rêves anxieux (9).
618 — Rêves anxieux; elle voyait un petit objet qui devenait de plus en plus grand (9).
619 — Rêves anxieux; un grand homme la poursuivait et voulait la violer, sans excitation sexuelle (9).
620 — Elle rêvait que quelque chose était arrivé à ses enfants, suite à quoi elle pleurait et était très anxieuse, et au
           réveil elle était mouillée de transpiration (9).
621 — Elle rêvait qu'il neigeait; qu'elle était dehors avec son petit enfant, suite à quoi elle était anxieuse (9).
622 — Rêves d'un feu, très vif, ce qui la rendait anxieuse et la réveillait (9).
623 — Elle riait dans son rêve après minuit; en se réveillant elle n'en savait plus rien, mais était couchée découverte
          et froide; sans frissons (9).
624 — Sensation de blocage de la gorge dans un rêve, la nuit (9).
625 — Elle rêvait de linges sales et dégoûtants (9).
626 — Elle rêvait qu'elle avait pris du poison, suite à quoi elle avait fort maigri (9).
627 — Elle rêvait qu'elle tombait d'une hauteur (9).

AUTORITES

(9) Symptômes observés par le docteur WAHLE chez trois jeunes filles, deux femmes et deux hommes, dont aucun ne prit plus d'une goutte de Kréosote pur (Archiv f. Hom., 16, 2, 152). (11) Docteur W.H. THOMAS (Elkhart, Ind., U.S.A.): une femme de 78 ans prit par accident une quantité inconnue de Kréosote (MS to editor). (13)
MACNAMARA, empoisonnement d'une femme par une application excessive de Kréosote sur une dent douloureuse (Dublin Med. Press, 1850).
Rem. : La quasi totalité des symptômes repris ici proviennent donc d'une expérimentation au moyen du produit pur en quantité égale ou inférieure à une goutte.
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