Notes:

- Les ajouts Belges sont en Marrons. Il suffit de les effacer pour retomber sur la version originale.

- Les chapitres "Principales différences entre la 5ème et la 6ème édition" ; Traductions des citations" ; Résumé du plan de l'organon ; et Plan détaillé de l'organon... Sont aussi des ajouts Belges.

- Le chapitre "Traductions des citations....." et la "Table analytique des matières" comportent des numéros de pages qui ne correspondent pas à ce fichier mais au livre original.

 

 


 

SAMUEL HAHNEMANN

 

ORGANON DE L'ART DE GUÉRIR

 

CINQUIÈME ÉDITION

 

Editions de l'
ÉCOLE BELGE D'HOMŒOPATHIE

A. S. B. L.
1984

 

 

[Le document qui a servi de base
à cette réimpression est une photocopie de l'édition de 1873,
publiée à Paris par J.-B. Baillière et fils.]


 

 

EXPOSITION DE LA DOCTRINE MÉDICALE HOMŒOPATHIQUE

 

ou

 

ORGANON DE L'ART DE GUÉRIR,

 

PAR S. HAHNEMANN,

 

TRADUIT DE L'ALLEMAND

Par LE DOCTEUR A.-J.-L. JOURDAN.

 

CINQUIÈME ÉDITION,

 

AUGMENTÉE

D'UNE NOTICE SUR LA VIE, LES TRAVAUX ET LA DOCTRINE DE L'AUTEUR, PAR M. LÉON SIMON, PÈRE,

 

ET ILLUSTRÉE DU PORTRAIT DE L'AUTEUR.

 

Réédition de 1984 Revue, corrigée et complétée.


 

PRÉFACE.

 

C'est pour moi un grand plaisir de présenter au public ce premier livre des Éditions de l'École Belge d'Homœopathie.

L'Organon de l'Art de Guérir, de Samuel Hahnemann, est l'ouvrage fondamental où sont définis les principes et les lois sur lesquels se base la véritable homœopathie scientifique, celle qui fait l'objet de l'enseignement de l'École.

L'application rigoureuse, dans leur totalité, des principes fondamentaux de l'homœopathie hahnemannienne, bien que difficile, permet d'obtenir des résultats thérapeutiques inégalés par toute autre méthode.

Il ne peut y avoir de véritable homœopathie sans la compréhension profonde de la pensée hahnemannienne.

L'Organon de l'Art de Guérir et le Traité des Maladies Chroniques qui lui fait suite sont les deux documents de base à étudier pour pénétrer cette pensée et comprendre que Samuel Hahnemann nous donne une méthode thérapeutique efficace parce que celle-ci découle logiquement d'une compréhension claire des concepts de santé, de maladie et de guérison. Voilà de grandes définitions qu'on s'attendrait à trouver au début de tout enseignement médical, or seul Hahnemann apporte la réponse à ces questions.

De plus, par l'obligation qu'il nous impose de prendre en compte la totalité des symptômes du malade, de relier entre eux les différents épisodes de son histoire clinique et d'analyser exactement le résultat du traitement médical, Hahnemann rétablit l'unité de l'Homme dans l'Espace et le Temps, agissant ainsi une fois de plus en précurseur.

Ce n'est qu'en maniant l'ensemble de la doctrine homœopathique face à la totalité spatio-temporelle du patient que l'on pourra obtenir le résultat thérapeutique optimal.

 

Bruxelles, le 9 septembre 1984.

Docteur Daniel Bucken


 

AVERTISSEMENT.

 

La présente édition de l'Organon est une réimpression, avec des additions, des suppressions et des corrections, de la soi-disant cinquième édition Française, parue en 1873 à Paris, chez J.-B. Baillière et fils.

Il s'agit en fait de la traduction, par le Docteur A. J. L. Jourdan, de la cinquième édition allemande, parue elle-même à Dresde et Leipzig en 1833.

En effet, l'Organon, dont le texte allemand a connu cinq éditions originales du vivant de l'auteur, n'a pas fait l'objet de moins de sept éditions françaises au siècle dernier.

Les deux premières étaient des traductions, par Brunnow, des 2ème et 4ème éditions allemandes, publiées en 1824 et 1832. Jourdan réalisa une traduction de la quatrième édition allemande, puis de la cinquième. La traduction de Jourdan fut éditée en tout cinq fois, de 1832 à 1873, par Baillière. Celui-ci les numérota tout simplement de 1 à 5, sans tenir aucun compte des traductions de Brunnow.

Au siècle dernier, l'Organon connut encore une sixième édition allemande apocryphe en 1865, des éditions anglaises et américaines, dont certaines portent des numérotations encore différentes, etc.

Enfin parut en 1921 la sixième édition allemande authentique, publiée par Richard Haehl, d'après le manuscrit de Hahnemann.

Pour éviter que le lecteur ne se perde dans l'imbroglio de ces numérotations disparates, nous avons adopté pour convention, lorsque nous parlons de la nième édition de l'Organon, de toujours nous référer à la numérotation des éditions originales allemandes, à savoir :

1810 : 1ère édition,

1819 : 2ème édition,

1824 : 3ème édition,

1829 : 4ème édition,

1833 : 5ème édition,

1921 : 6ème édition.

 

Un mot sur cette sixième édition. Pierre Schmidt la traduisit en français. Cette traduction a été rééditée récemment et peut se trouver assez facilement dans le commerce. Malheureusement Pierre Schmidt s'est contenté de traduire les 291 paragraphes du texte de l'Organon proprement dit et a laissé tomber la longue introduction que Hahnemann avait placée au début de son œuvre. Il y a donc aujourd'hui plus d'un siècle que le lecteur de langue française est privé du texte complet de cette introduction (du moins dans sa version définitive, car on a vu, il y a quelques années, une réédition, assez confidentielle il est vrai, du texte de la première traduction de Brunnow, mais où la première moitié de ladite introduction n'avait pas encore été rédigée).

La différence essentielle entre la cinquième et la sixième édition de l'Organon est l'adoption, dans cette dernière, de la méthode de dynamisation au globule, dite encore cinquante-millésimale. Ceci entraîne un certain nombre de modifications des paragraphes relatifs à l'administration et à la répétition du remède, ainsi que des passages qui ont trait à l'aggravation homœopathique et aux hautes dynamisations. Mais comme l'homœopathie s'est fondée, jusqu'en 1921, sur le texte de la cinquième édition, le lecteur qui ne possède que la sixième se heurte forcément à quelques difficultés lorsqu'il aborde l'étude des ouvrages de J. T. Kent ou de H. A. Roberts, pour ne citer que les plus classiques.

Il était donc devenu impératif de fournir, au lecteur de langue française, le texte complet, y compris l'introduction, de la cinquième édition de l'Organon.

De là la présente édition.

 

Justification des additions, suppressions et corrections.

 

1° Ajouts de Léon Simon.

Les éditions françaises de 1856 et de 1873 comportent, en plus du texte de l'Organon, une notice sur la vie, la doctrine et les travaux de Hahnemann, par le Docteur Léon Simon père. Nous avons jugé intéressant de la conserver.

On y trouve également près de trois cents pages de commentaires, de la plume du même auteur. Nous avons estimé que ces commentaires ne présentaient plus, pour le lecteur de 1984, le même intérêt que pour celui de 1856 ou de 1873, aussi les avons-nous résolument supprimés.

 

2° Mise en conformité avec l'original.

Possédant une photocopie des 4ème et 5ème éditions allemandes, il nous a été possible de faire une comparaison étroite entre l'original et le texte publié par Baillière en 1873. C'est ainsi que nous y avons découvert une série de non-concordances avec l'original, que nous nous sommes fait un devoir de rectifier, dans la mesure du possible.

Nous avons par exemple remarqué l'absence de la note du § 246. Celle-ci avait été publiée par Baillière dans un autre ouvrage (Études de médecine homœopathique, 1855). Nous l'avons rajoutée à la fin du texte et nous l'avons complétée d'une traduction personnelle du dernier alinéa, curieusement "oublié" par l'éditeur (ou le traducteur) au siècle dernier.

Nous avons corrigé un certain nombre de fautes de typographie, quelques erreurs de traduction ou de transcription et même une faute d'orthographe.

Nous avons tenu à signaler ou même à supprimer un certain nombre d'ajouts que l'éditeur de 1873 n'avait pas hésité à faire. Nous tenons en effet à restituer un texte le plus proche possible de la pensée du Maître. Il ne nous a toutefois pas été possible de corriger toutes les erreurs ni de signaler tous les ajouts. Que le lecteur nous le pardonne ! Nous espérons cependant n'avoir laissé passer aucun point vraiment important dans cette révision.

Il nous parait utile de signaler ici deux ou trois points :

Hahnemann fait fréquemment référence à d'autres livres ou pamphlets de l'époque. Systématiquement, l'éditeur de 1873 a remplacé les références aux textes originaux allemands par des références aux traductions françaises, lorsqu'elles existaient. Nous n'avons pas jugé impératif de faire toutes ces corrections.

Dans le même esprit, nous nous sommes abstenu d'un certain nombre de corrections de détails qui n'altèrent nullement la pensée de l'auteur. Par exemple, dans une série de notes, où Hahnemann fait référence à des travaux d'autres auteurs, l'éditeur de 1873 a systématiquement rajouté le nom de l'auteur en note, alors que ce nom figure en toutes lettres dans le texte du corps du paragraphe (voir p. ex. le § 46, particulièrement démonstratif à cet égard).

De même, nous nous sommes bien gardé de retirer du corps du texte de l'introduction les titres que Baillière y avait introduits pour en signaler les divisions, mais que Hahnemann n'avait donnés que dans sa table des matières. (Il s'agit des titres des §§ III et IV, pp. 151 et 157.)

Dans la préface de l'édition précédente de 1856, l'éditeur signale que "parmi les notes mises par Hahnemann à la suite d'un grand nombre des paragraphes de l'Organon, il en est plusieurs qui se lient tellement au texte dont elles sont le développement, que M. le docteur Léon Simon a cru pouvoir les mettre à la suite du paragraphe auquel elles se rapportaient, dans le texte lui-même." Fidèles à la mémoire de Samuel Hahnemann, nous avons chaque fois signalé la chose de manière bien visible, sacrifiant ainsi (encore une fois) l'élégance de la présentation à la recherche de l'authenticité.

Si nous en avions eu le temps et les moyens, au lieu de nous contenter d'une reproduction en fac-similé, avec de grossières corrections et des surcharges dactylographiées, nous aurions refondu entièrement le texte que nous avions en main, pour le rapprocher davantage encore de l'original allemand ; mais cela nous aurait pris de longs mois durant lesquels nos étudiants auraient continué à être privés d'un texte fondamental. Aussi avons-nous préféré mettre en leurs mains, et en celles de tout lecteur de langue française, un ouvrage, imparfait sans doute, mais suffisant pour leur permettre de se pénétrer dès aujourd'hui de la pensée de celui qui fut certes un des plus grands, si pas le plus grand penseur médical de tous les temps.

En ce qui concerne la très longue introduction de Hahnemann, il faut signaler ceci : en passant de la 4ème à la 5ème édition, l'auteur n'a modifié que légèrement quelques alinéas, mais il a supprimé près des deux cinquièmes du texte (savoir l'énumération des exemples de guérisons homœopathiques dues au hasard), les remplaçant par cette simple note en bas de page : "Des exemples de ceci se trouvent dans les éditions précédentes de l'Organon de l'art de guérir". L'éditeur de 1873 n'a pas voulu suivre Hahnemann dans cette voie et a réintroduit dans le texte la partie supprimée. (Celle-ci va de la page 113 "Je vais rapporter ici ..." à la page 149 "... dans l'inflammation du cerveau".) Personne, à notre avis, ne s'en plaindra.

 

3° Additions originales.

 

a) Comparaison entre les 5ème et 6ème éditions de l'Organon.

Nous avons pensé rendre service au lecteur qui possède déjà un exemplaire de la 6ème édition (la plus répandue actuellement dans le public, tant dans sa version allemande que dans ses traductions française ou anglaises), en ajoutant en fin de volume un tableau des principales différences entre la 5ème et la 6ème édition. (Il va de soi que ce tableau se base uniquement sur les textes allemands originaux, et non sur les traductions, adaptations et résumés actuellement existants.)

 

b) Citations latines et grecques.

Les médecins du siècle dernier lisaient couramment le latin, certains même le grec. Ce temps est aujourd'hui révolu. Certains médecins même n'ont plus appris le latin. Et ceux qui l'ont appris, que leur en reste-t-il ? Aussi, il nous a paru indispensable de compléter l'Organon par une traduction des citations latines et grecques qui en émaillent certains passages. Nous nous sommes attelé à cette traduction et pouvons donc présenter pour la première fois au public de langue française un texte complet de l'Organon dans sa langue maternelle.

(Comme il n'était pas possible d'inclure ces traductions dans le corps de l'ouvrage, nous les avons reportées en fin de volume, p. 353 sqq.)

 

c) Plan de l'Organon.

La pratique des séminaires et le contact avec les étudiants nous ont appris que, lorsqu'on aborde pour la première fois la lecture de l'Organon, ce texte apparaît souvent comme une longue digression sans grande structure, où les répétitions trop fréquentes finissent par lasser et parfois par faire manquer l'essentiel.

Or il n'en est rien : en fait, l'Organon est un texte très fortement et très logiquement structuré mais on pourrait le comparer à un arbre dont le feuillage trop riche empêche au premier regard de voir le tronc et les maîtresses branches.

C'est pourquoi nous avons tenu à dégager cette structure fondamentale et à tracer le plan de l'ouvrage, que nous donnons tout en fin de volume, en deux parties : d'abord le tronc et les grosses branches sous la forme d'un "résumé" en une page, puis la structure complète sous la forme d'un "plan détaillé" de dix-huit pages. C'est également la première fois qu'un tel travail est présenté au public de langue Française.

 

d) Foliotage.

La pagination habituelle d'un livre n'est pas d'un grand secours dans un ouvrage tel que l'Organon, où l'on fait fréquemment référence aux numéros des paragraphes. C'est pourquoi nous avons complété le foliotage d'origine par l'inscription de ces numéros, innovation dont le lecteur nous saura certes gré.

 

Bruxelles, le 9 septembre 1984.

Docteur Jean-Claude Grégoire

 

EXPOSITION DE LA DOCTRINE MÉDICALE

HOMŒOPATHIQUE

 

OU

 

ORGANON DE L'ART DE GUÉRIR.

 

PAR S. HAHNEMANN,

 

TRADUIT DE L'ALLEMAND SUR LA DERNIÈRE ÉDITION, PAR LE DOCTEUR JOURDAN.

 

CINQUIÈME ÉDITION,


AUGMENTÉE DE COMMENTAIRES ET D'UNE NOTICE SUR LA VIE, LES TRAVAUX ET LA DOCTRINE DE L'AUTEUR,


PAR
M. LÉON SIMON, PÈRE,

Docteur en Médecine de la Faculté de Paria et de l'Université de Cleveland (Ohio), membre titulaire de la Société Gallicane-Homœopathique de Paris ; Correspondant de la Société des Sciences et des Lettres de Blois, de la Société homœopathique Britannique de Londres, de la Société Hahnemannienne de Madrid ; de l'Académie homœopathique de Palerme et de celle du Brésil.

 

ET ILLUSTRÉE DU PORTRAIT DE L'AUTEUR.

PARIS.

 

LIBRAIRIE J.-B. BAILLIÈRE ET FILS,

Rue Hautefeuille, 19, près du boulevard Saint-Germain.

Londres,

Baillière, Tindall and Cox.

 

Madrid,

C. Bailly-Baillière. 1873.


 

AVERTISSEMENT.

DE LA CINQUIÈME ÉDITION.

 

L'Organon de l'art de guérir est le livre classique de l'homœopathie, le seul qui contienne une exposition complète de la nouvelle doctrine.

La quatrième édition avait reçu de notables augmentations :

Des Commentaires embrassant les points principaux de la doctrine de Hahnemann et dans lesquels M. le docteur Léon Simon père a cherché à développer et à expliquer les questions les plus vitales de la doctrine, celles qui paraissaient les plus susceptibles d'interprétation. Ces Commentaires ont pris une telle étendue que l'ouvrage est aujourd'hui doublé.

Une Notice sur la vie, les travaux et la doctrine de Hahnemann, que nous devons également à M. le docteur Léon Simon, notice dans laquelle on trouvera une juste appréciation des droits du fondateur de la doctrine médicale homœopathique à la reconnaissance des hommes.

Enfin, un beau portrait gravé sur acier, et qui retrace avec une grande fidélité les traits du vénérable Hahnemann.

La cinquième édition que nous publions aujourd'hui présente les mêmes avantages, et nous espérons qu'elle trouvera auprès du public le même accueil que les précédentes éditions.

 

Paris, le 15 mai 1872.

J.-B. BAILLIÈRE ET FILS.

 

Remarque : Comme on l'aura lu dans l'avertissement, nous n'avons pas jugé utile, pour cette réimpression de l'Organon, de reproduire les très longs commentaires du Docteur L. Simon.

L'éditeur.


 

NOTICE.